Dossiers et documentation  |   09  octobre  2019

Quelle place pour les femmes dans le numérique ?

Aujourd’hui éloignées de la formation et des métiers, les femmes sont quasiment absentes d’un secteur en explosion et très structurant pour le futur de notre société.

Les femmes ne représentent que 33% des salariés du secteur de l’Ingénierie et 30% des salariés du secteur du numérique.

Dans un contexte de pénurie des talents, les femmes ne se tournent pas vers les formations et les métiers du numérique. Ce domaine porteur, innovant et moderne, reste majoritairement préempté par les hommes.

Une déficience tout au long du parcours scolaire… :

Les femmes sont de moins en moins nombreuses dans les formations numériques. Les représentations genrées véhiculées par la société et les organisations, la force des stéréotypes, la socialisation sexuée sont autant de facteurs à l’origine de la sous-représentation des femmes dans les métiers du numérique.

Selon l’étude conduite par l’OPIEC en 2016 auprès de lycéennes, étudiantes et salariées1, certains facteurs jouent à tous les moments où une décision d’orientation se fait. On trouve, parmi les principaux: l’influence des médias, la méconnaissance des métiers, l’absence de modèles féminins, une vie en entreprise parfois vue et vécue comme difficile.

En Europe comme en France la filière numérique n’attire pas les filles et les jeunes filles.

Cette tendance se constate également dans l’Union Européenne : en 2015, 57 % de l’ensemble des diplômés étaient des femmes, mais seulement 25 % ont obtenu un diplôme dans les filières du numérique et 13  % de ces diplômées travaillent dans le secteur du numérique. (contre 15 % en 2011)2.

En France, en dix ans, le pourcentage de filles dans les filières scientifiques et techniques n’a augmenté que de deux points. Elles sont encore moins bien représentées dans les écoles d’ingénieur de la CGE ayant au moins une spécialisation numérique, soit 27 % en 20173.

Alors qu’on estime à plus de 50%  la part des métiers numériques en 2030 qui n’existent pas à ce jour, selon l’étude du Conseil Général de l’Économie les nomenclatures institutionnelles visant à classer les métiers à des fins statistiques ne permettent de couvrir les métiers du numérique, la multiplicité des référentiels des métiers numériques (institutionnels -FAP-ROME-  et des branches professionnelles ou associations – SYNTEC numérique, OPIIEC, CIGREF, CAP Digital, etc.), ne donne pas aux élèves les codes pour se projeter dans un avenir professionnel numérique attractif4.

Qui se prolonge dans la faible représentation des femmes dans les métiers du numérique, pourtant en pleine croissance:

Les femmes ne représentent que 33% des salariés du secteur de l’Ingénierie et 30% des salariés du secteur du numérique, ce principalement dans les fonctions dites « de support » telles que les ressources humaines, l’administration, le marketing ou la communication. Parmi les techniciens d’études et du développement en informatique, 16% sont des femmes. Parmi les techniciens en installation, maintenance, support et services aux utilisateurs en informatique, elles ne sont que 14%1. En 2017, 10% des start-up françaises étaient dirigées par des femmes5. Quant à la part des femmes codeuses elle est de 27% et seulement 11% de femmes travaillent dans la cybersécurité6.

La mixité femmes-hommes est impérative dans un secteur dynamique où les recrutements et les créations d’emplois sont les plus nombreux. Au total, selon le scénario central de la DARES7, 191 000 postes seraient à pourvoir sur la période 2012-2022 dans les métiers de l’informatique, correspondant à 81 000 départs en fin de carrière additionnés à 110 000 créations nettes. Les postes à pourvoir représenteraient chaque année 3,1 % des effectifs du domaine, soit une proportion légèrement supérieure à celle projetée pour l’ensemble des métiers (3,0 %).

Lutter contre les stéréotypes de genre et encourager les femmes à s’approprier les compétences numériques contribuera à accompagner les évolutions des métiers à venir, ouvrir de nouvelles perspectives du marché du travail et transformer les relations professionnelles.

Sources :

1 : Fafiec-observatoire-opiiec : Attractivité des métiers du numérique – Février 2016
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2 : Commission Européenne: Les femmes à l’ère du numérique – 2018
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3 : CGE 2017 – Ecoles d’ingénieur ayant une fillière IT – 2017
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4 :Conseil Général de l’Economie : Les besoins et l’offre de formation aux métiers du numérique
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5 : Performances économique et sociale des start-up en France EY – Baromètre – 2017
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6 : 11% – Une étude pour comprendre pourquoi les femmes ne travaillent pas dans la cybersécurité
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7 : Etude DARES : Métiers 2020 – Informatique – 2015
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Un peu plus sur la “fracture numérique”:

France Stratégie (2014) :Lutter contre les stéréotypes filles-garçons
Voir

Isabelle Collet:  Les oubliées du numérique
Voir

Social Builder : La féminisation des métiers du numérique
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